Lexique
Certains mots ou expressions employés dans le site méritent une explicitation, soit parce qu’ils sont utilisés localement, sans correspondance dans le langage courant de la métropole, soit parce qu’ils expriment des techniques très spécialisées.
Ce lexique s’enrichira, au fur et à mesure que les internautes nous y inviteront.
Merci donc à tous de demander par mail, les explicitations que vous jugerez nécessaires.
BULI ou BOULI
Il s’agit d’un réservoir artificiel d’une profondeur voisine de 5 m, qui récupère les eaux de ruissèlement durant la saison des pluies. Cette mare sert à la fois à alimenter en eau le bétail et à arroser les cultures maraichères. Les eaux de ruissèlement provoquent la dégradation des parois mais également l’enlisement du bouli, et un entretien régulier doit être assuré par les utilisateurs. C’est pourquoi on tapisse parfois les parois de roches, et on effectue des plantations d’arbres à l’entour pour éviter l’ensablement (c’est le cas pour celui de Dalla).
DESERTIFICATION
Contrairement à l’image largement répandue du désert qui avance inexorablement à la conquête des terres, la désertification est un phénomène qui généralement prend naissance au niveau local et qui se développe insidieusement. La désertification est en fait la résultante de facteurs aussi différents que sont le déboisement, l’érosion éolienne, l’épuisement des sols, le ruissellement des eaux..Le Sahel est caractérisé par deux saisons d’inégales durées : une longue saison sèche de novembre à juin, une courte saison des pluies de juillet à octobre. Si les terres ne sont pas protégées, des ravines apparaissent et les brutales chutes de pluie les creusent davantage emportant la terre arable vers le « bas-fond ». On peut lutter avec succès contre la désertification avec la mobilisation des populations et un certain nombre de moyens. Les méthodes sont simples, connues mais coûteuses.Même si la population apporte une main d’œuvre totalement gratuite, il faut néanmoins réunir des moyens financiers hors de portée des possibilités des paysans sahéliens. On estime à 3 à 4 ans le délai nécessaire pour réhabiliter des terres devenues incultes.
DIGUE FILTRANTE
La digue filtrante (DF) est un ouvrage en pierres plus important que la diguette en pierres. On réalise les digues filtrantes lorsque l’on rencontre une ravine ou un passage d’eau privilégié, c’est-à-dire l’érosion en nappe. Elles sont utilisées pour lutter contre le ravinement ou l’érosion en nappe des sols. La digue filtrante est constituée par une accumulation de blocs de cuirasse ferrugineuse ou de roches appelées moellons sur une hauteur de 1 à 2 m et une largeur de 0,5 à 1 m. Son orientation est perpendiculaire au sens d’écoulement des eaux sur une longueur pouvant atteindre 150 m en fonction de la largeur de la ravine. Le principe de la digue filtrante est de réduire la vitesse des eaux d’écoulement des crues, de favoriser l’infiltration au maximum de ces eaux dans le sol et améliorer le bilan hydrique du sol, de permettre l’évacuation des eaux excédentaires en évitant des inondations. La digue filtrante favorise en outre la sédimentation des débris organiques en amont de la digue utilisés comme engrais. Cela permet également d’alimenter les nappes phréatiques et d’élever le niveau d’eau dans les puits environnants. Elle favorise une bonne régénération ligneuse et herbacée.
DIGUETTES
Les paysans du Sahel aménagent des obstacles pour réduire la vitesse de ruissellement de l’eau de pluie. Ainsi, le ravinement est limité, tout en favorisant l’infiltration vers les nappes phréatiques. Selon les pratiques locales et les types de terrain, ces « ralentisseurs » peuvent prendre la forme de cordons pierreux, de diguettes en terre ou de bandes enherbées. Une parcelle boisée peut aussi être implantée en amont de la zone traitée pour faciliter l’infiltration et pour éviter de nouveaux creusements de ravines. Dans la région couverte par ASSS, les diguettes sont constituées de moelleons (pierres) alignés.
FRANC CFA
Le « franc des Colonies Françaises d’Afrique » est né officiellement le 26 décembre 1945. Il s’est appelé encore franc de la "Communauté Française d’Afrique" et aujourd’hui, franc de la "Communauté Financière d’Afrique".
Il est utilisé dans huit États d’Afrique de l’Ouest :
le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.
Et six États d’Afrique centrale :
le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale et le Tchad.
Le 1er janvier 1999, le franc CFA est arrimé à l’euro :
1 € = 655,957 Franc CFA
FOSSE FUMIERE
La fumure organique a pour objet de fertiliser le sol et d’accroître les rendements agricoles. Elle est produite dans les fosses fumières. La technique de la fosse fumière consiste à creuser un trou rectangulaire peu profond (moins de 2m) et à y jeter divers matériaux constitués de débris ménagers, d’herbes, de déjections animales. Tout le mélange est arrosé par les eaux selon les possibilités du paysan pendant une année. Le principal avantage est qu’il ne demande pas d’effort dans son entretien et la fumure produite peut être de bonne qualité si les matériaux de base sont bien choisis.
GABIONS
Les gabions sont des caisses rectangulaires tréfilées de grillage qu’on remplit de moellons et qui sont utilisées dans les traitements des ravines. Les gabions peuvent avoir les dimensions suivantes :
Longueur : 2 m
Largeur : 0,50 à 1 m
Hauteur ou profondeur : 1 m
RAVINE
Une ravine est une faille plus ou moins longue et plus ou moins profonde creusée par le ruissellement des eaux, lors de la saison des pluies. Le traitement de ravine (TR) a le même principe d’action que la digue filtrante (DF). Mais ce traitement est construit dans des ravines plus profondes ou marigot en utilisant des gabions qui sont des caisses de grillage remplies de pierres ou moellons. Pour construire un TR, il faut creuser le fond de la ravine et y encastrer une couche de gabions remplis de moellons.
TROUAISON
Action qui consiste à creuser le sol en vue de la plantation de végétaux. Cette étape est importante, car elle permet d’apporter les éléments fertilisants nécessaires. Cet amendement doit être réfléchi en fonction du sol, de l’environnement et des besoins de l’espèce. Dans le plan soutenu par ASSS, cette opération fait l’objet d’une formation pour les bénéficiaires de plans d’arbustes.
ZAÏ
Le zaï est une technique traditionnelle originaire de la région du Yatenga, au nord du Burkina Faso. C’est une technique qui se pratique sur sols dégradés et permet ainsi de récupérer des sols agricoles colmatés et encroûtés appelés glacis ou « zipellé » en mooré. Elle consiste à briser et émietter la croûte au niveau du poquet qui reçoit le semis. Les trous de zaï ont des dimensions qui varient de 15 à 25 cm de profondeur et de 25 à 30 cm de diamètre. Ils sont creusés en lignes perpendiculaires disposées en quinconce. La terre issue du trou de zaï est déposée en aval de celui-ci afin de permettre au zaï de jouer pleinement son rôle en captant les eaux de ruissellement. Avant le semis dans les poquets de zaï on y apporte de la fumure organique (une poignée de fumier ou compost). Le zaï permet de capter les eaux de pluies et de ruissellement ainsi que de garder l’humidité nécessaire pour le développement des plantules. Associée aux diguettes anti-érosives, la technique du zaï permet de récupérer les terres indurées et dénudées.
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