L’eau

(7) bulliL e Bouli

Un bouli (ou buli) est un réservoir artificiel d’une profondeur voisine de 5 m, qui récupère les eaux de ruissèlement durant la saison des pluies. Cette mare sert à la fois à alimenter en eau le bétail et à arroser les cultures maraichères. Les eaux de ruissèlement provoquent la dégradation des parois mais également l’enlisement du bouli, et un entretien régulier doit être assuré par les utilisateurs. C’est pourquoi on tapisse les parois de roches, et on effectue des plantations d’arbres à l’entour pour éviter l’ensablement.

C’est dans le village de Dalla que le bouli a été creusé. En effet, Dalla a été choisie par la commune-mère d’Aribinda, pour être un futur site touristique.

Ce choix est dû à la présence dans le village, d’une mare naturelle, alimentée par l’eau de la saison des pluies, dans laquelle des crocodiles sacrés ont élu domicile.

La pénurie d’eau de ces dernières années, risquait non seulement d’assécher la mare, mais également de faire fuir les crocodiles, privant ainsi les habitants du village d’une future ressource.

De plus, de nombreux troupeaux des alentours viennent régulièrement s’y abreuver. C’est la raison pour laquelle, l’ambassade de France au Burkina et ASSS se sont réunies pour creuser une mare artificielle d’environ 25 000 m3, à côté de la mare naturelle. Le remplissage s’effectuant durant la saison des pluies.

2010 (18) le bulli de Dalla

Aujourd’hui, la mare est creusée et la liaison entre les le bouli et la mare naturelle a été réalisée. Des arbres ont été plantés pour éviter l’ensablement.

 

Financement engagé : 24 900 €

–       Construction du canal reliant le bouli et la mare

Les puits

Une des demandes les plus ardentes de la population locale à ASSS, concernait l’accès à l’eau pour les 4 villages de Gorguel, Dalla, Sénaikaye et Ngoura. Cette demande qui représentait une somme très importante (plus de 100 000 euros) est devenue aujourd’hui, réalité

Le travail effectué avec l’ambassade de France à Ouagadougou, la confiance de la fondation Veolia et les parrains et donateurs d’ASSS, ont permis la réalisation de cinq forages et d’un puits busé.

Durant les vacances 2006, nous recevions de notre correspondant permanent Djibril Koura, le mail suivant : « Le directeur de l’école m’a informé que le forage de l’école à Gorguél a un débit de 5 à 6 m3/h. Un débit formidable. Tous les 5 forages sont positifs. Le directeur de l’entreprise m’a dit qu’ils ont fait des photos en numérique sur deux sites. Dès que je les aurai je les transmettrai ».

Ainsi,

2013 réfection forages (11)

  • A Dalla le forage donne un débit de 1,5 m3/h
  • A Sénaikaye, le débit moyen est estimé à 3 m3/h
  • A Gorguél est positif avec un débit moyen estimé à 1 m3/h
  • A NGoroua, on a obtenu un forage positif dont le débit moyen est estimé à 1 m3/h
  • Il faut savoir qu’un forage est considéré comme positif, lorsqu’il a au moins un débit de 700 litres/h
  • Ce sont donc 3000 personnes d’une des zones sahéliennes les plus pauvres qui ont accès à l’eau.

 

Financement engagé : 48 000 €

  • Forage des puits
  • Installation des pompes
  • Protection de l’ouvrage

 

(2) camion foreuse

Les nouveaux forages

L’analyse de la couverture en eau potable de la population fait ressortir que la commune d’Aribinda ne dispose que d’un point d’eau fonctionnel pour 483 personnes. Ce ratio, largement au-dessus de la norme nationale qui est d’un point d’eau moderne (PEM) pour 300 personnes, traduit une situation caractéristique de déficit en approvisionnement en eau potable dans la commune. A l’horizon 2025, le résultat attendu est le comblement du déficit en points d’eau, suivant la norme nationale par notamment la réalisation de forages scolaires, sanitaires et communautaires, la réhabilitation de forages…

Amitié Solidarité Savoie Sahel (A.S.S.S.) a réalisé depuis huit ans la quasi totalité du « projet de développement intégré » mené avec l’association locale Hansina Domba  dans quatre villages –  Gorguel, Dalla, Sénaikaye, N’Goroua – situés sur la Commune d’Aribinda. Compte tenu des réalisations déjà faites, A.S.S.S. ne devrait plus effectuer d’investissement lourd dans ces villages. Il en résulte que l’accompagnement de projets initiés dans des villages voisins a pu être envisagé. A cet égard, le Maire d’Aribinda – dont la commune de près de 3 000 km2 (soit la moitié de la superficie de la Savoie) englobe plus de 40 villages pour une population de 90 000 habitants – a demandé l’appui de A.S.S.S. afin de  faciliter l’accès à l’eau potable des populations de dix villages situés à proximité de la zone d’action actuelle. Plus de 21 000 personnes étaient concernées par ce programme qui a consisté à réaliser 6 forages et à en réhabiliter 5.

 

Financement engagé : 130 000 €

  • Etudes préliminaires
  • Réhabilitation de forages existants
  • Forage de nouveaux puits
  • Installation des pompes
  • Protection des ouvrages

 Troisième tranche de forages

Il s’agissait de réhabiliter 21 forages dans la commune d’Aribinda

Le  programme a été mené en deux étapes. La première a consisté à lancer une étude de faisabilité, la seconde, à réhabiliter  les forages compte tenu des résultats de l’étude préliminaire. 

135_CLe bureau d’études AC3E  s’est vu confier la conduite des études préliminaires et le suivi des travaux.

Ces études préliminaires, débutées en avril 2012, ont été achevées en juin 2012 et 19 forages ont pu être retenus. Cependant, les résultats des analyses chimiques et bactériologiques de la quasi-totalité des forages diagnostiqués  ont révélé la présence de paramètres dont les teneurs étaient supérieures aux normes en vigueur au Burkina Faso en matière d’eau potable. Ce qui a conduit à la reprise des analyses avec un autre Laboratoire (le Laboratoire National de Santé Publique). Une première série d’analyses a eu lieu en juin 2012. L’arrivée précoce de la saison des pluies a interrompu la mission du laboratoire. La mission a été reprise au début de la saison sèche.

En définitive, seuls 13 forages répondent aux normes tant pour le débit que pour la pureté de l’eau.2012 le forage du village de Yalanga (2)

Pour le débit, la norme admise est de 1m3/h. Néanmoins au Sahel, il est  accepté un débit se situant entre 0,5 et I m3/h. Trois forages sont dans ce cas.

Après appel d’offres, l’entreprise  SODI/SARL a été retenue. Les équipes de l’entreprise sont intervenues sur le site  le 13 mars 2013. Les travaux de réhabilitation se sont terminés fin mai. Les formations à la gestion de l’eau et à l’hygiène ont suivi et se sont achevées avant la saison des pluies début juin. La réception provisoire s’est tenue  dans les premiers jours  de juin 2013. L’ensemble des factures ont été réglées, soit 93 302 euros.

En conclusion, le programme réalisé donne entière satisfaction même si le nombre de réhabilitations de forages est inférieur au prévisions :

-13 forages réhabilités et 2 forages complètement réparés soit 15 forages à nouveau fonctionnels

2 motocyclettes fournies aux dépanneurs-réparateurs de forages

Les quelques difficultés rencontrées (débit, pureté de l’eau, assèchement) sont inhérentes à la région d’où la nécessité de choisir un bureau d’études et des entreprises ayant une parfaite connaissance du SAHEL afin d’avoir les meilleures chances de réussite.

Taux d’accès des ménages à l’eau potable

2011 le forage réservé à l'école et au jardin de l'école de GorguelLa population concernée par le présent programme est de  32 802 habitants qui disposent de 88 forages soit 1 forage pour 372 habitants. Avant la réalisation du programme on comptait 1 forage pour 449 habitants.

La norme officielle au Burkina Faso est d’un forage pour 250 habitants.

Pour la région considérée, le taux de couverture est maintenant   de 0,67 par rapport à la norme nationale contre  0,5 avant l’intervention de ASSS.

Sur l’ensemble  de la commune d’Aribinda le taux de couverture est de 0,508.

On peut donc conclure que la commune d’Aribinda n’est encore qu’à la moitié de l’objectif national